jeudi 28 août 2008

Pigalle

On ne s'étonne jamais, ou si peu, du nom des rues.
J'ai habité longtemps dans une rue d'un obscur général de brigade sans me demander une seule fois ce qu'il avait fait (ou ce qu'il n'avait pas fait ? ) pour terminer sur une plaque de fer forgée dans une obscure ruelle, sombre, moche et qui sent le sushi en début de soirée. (Vers 19h02)

Il y a tellement d'endroits que tout le monde connaît de nom ou de réputation sans imaginer que le lieu, où ils vont aller déguster une crêpe Suzette ou se prendre une bonne murge des familles, fait référence à une vieille maîtresse décrépie de Napoléon ou au nom d'un prince mérovingien devenu moine chaste…de quoi vous coupez l'appétit, il est vrai...

Prenons par exemple Pigalle, quartier hautement typique de notre belle capitale.
En pensant à Pigalle on pense à des amusements grivois, à des bars à filles de bonne compagnie, voire à des jambes dansantes toutes épilées et aérodynamiques.
Mais certainement pas à ce pauvre sculpteur, Jean-Baptiste Pigalle, qui doit bien se demander, de là où il est aujourd'hui, pourquoi on a associé son nom de famille à ce quartier et à cette rue aux moeurs bigarrées.

Il aurait aimé plus de discrétion sur ses habitudes. Probablement...

Officiellement on apprend en fait qu'il avait son atelier dans cette petite rue du 9ème arrondissement. Moi je pense surtout que JB était un obsédé et qu'il passait son temps à reluquer les hôtesses du bar en bas de chez lui. Ca devait l'inspirer. Il y aurait même vu Voltaire en galante compagnie ce qui lui aurait inspiré une étrange statue de ce dernier, sculpté au détail anatomique près.
Je dis ça je dis rien.
Ca n'engage que moi.
Mais je vous assure qu'on peut refaire l'histoire avec beaucoup de rues :
Tolbiac ? une ville gauloise !
Montparnasse ? une colline grecque pleine de muses !
Charles de Gaulle ? un porte-avions ! (mais faut vérifier…)
Barbes ? non ce n'est pas l'inventeur des Tati mais un républicain du XIXe siècle !

C'est donc un parfum d'Histoire avec un grand H, celle qui Happe, qui Harangue, qui Harponne, qui a de la Hargne, de la Hardiesse, qui affiche une neutralité Helvétique et qui porte une chemise Hawaïenne.
Rien qu'en se baladant dans les rues.

C'est étonnant non ?
Et comme dirait notre ami Eddy Mitchell « Ca fait plus que m'étonner, madame, ça me troue le cul »

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